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  • Le dos fracassé

    Mardi 21/08/12

    Apparté : C'est la saint Christophe. Mon premier grand amour d'enfance. Hier, en discutant de plantes avec ma chef, je lui dessine sur mon agenda une feuille de ginko biloba. En y regardant de plus près, on dirait que j'ai fait un coeur sur la page du mardi 21/08.

    images (22).jpegCe matin à 8h, je me prépare pour aller travailler. Je descends l'escalier en tongs, glisse et dévale plus de la moitié de l'escalier sur le dos. J'ai mon ordinateur portable dans la main droite. Je le tiens en l'air et me vois prendre les arêtes de chaque marche dans le dos. Ca fait très mal. Très très mal. Soudain, je sens une tranche d'une marche s'enfoncer brutalement et profondément dans mon cou, entre le haut du cou et le bas du crâne. La violence du coup me coupe le souffle. Je vois du gris. Je me vois déjà en fauteuil roulant.

    Mon corps glisse jusq'au bas de l'escalier, mon dos cogne contre chaque marche. C'est comme si on me rouait de coups de bâtons. Je pose l'ordinateur et me mets à quatre pattes sans bouger. La tête dans mes bras. J'attends de reprendre mon souffle. Quand la respiration redevient régulière et que je reprends mes esprits, je commence à ressentir de la COLERE.

    Pourquoi ça ? Encore mon dos ? Qu'est-ce qu'il y a encore, la Vie ? J'avais besoin de ça ? Avertissement ? Punition ? Qu'est-ce que j'ai fait ? A cause de mes mauvaises pensées envers PN ? Une façon de me dire que la vie ne tient qu'à un fil ? Quoi, la Vie ? Arrête de me parler car je ne comprends pas tes signes.

    J'ai très mal. Je me relève. Je peux bouger tous mes membres. Je touche mon cou. Je vais m'assoir sur la dernière marche et me mets à sangloter. Je ne sais pas qui je suis. Où je vais. Pourquoi je suis là.

    Je suis allée travailler. J'ai mal au coude, dans mon dos, dans mon cou. Ma collègue ne voit aucun bleu quand je soulève mon T-shirt. Ma chef, qui est médecin, me dit qu'à 5 cm plus haut, j'aurais pu y passer. Elle me demande de surveiller si j'ai des vomissements et endormissements.

    "Ce n'était pas votre heure."

    Il est 22h30, et je n'ai toujours pas pris d'antalgique. J'ai la peau dure.

  • Après l'Italie

    Le vendredi 17/08/12 - Retour d'Italie

    Au sortir de l'aéroport, je mets 3 heures pour arriver chez moi, à 21h. Mais ce n'est pas grave car personne ne m'attend à la maison. Les enfants sont depuis une semaine avec leur père, PN, en vacances en Bretagne chez le père de celui-ci. A nouveau en France, je leur envoie des petits mots doux par SMS, ils me répondent par : "Coucou mioumiou, tu vas bien ? On fait de la balançoire, on va à la plage." Le samedi, c'est la canicule, je sors seulement pour faire des courses. Le soir, je reçois chez moi deux femmes d'une cinquantaine d'années que je ne connais ni d'Adam ni d'Eve.

    Le week-end - Les Nîmoises

    En effet, j'avais promis depuis longtemps à mon cousin de dépanner ses amies nîmoises en visite à Paris. Je m'attends à des mamies, mais ce sont 2 femmes dynamiques et pimpantes. Je fais une sorte de chambre et table d'hôtes ! Je ne demande pas de compensation, elles m'ont promis de m'accueillir à Nîmes quand je voudrais. Je les préviens que l'accueil sera simple, néanmoins je leur prépare des assiettes italiennes, on se régale. Elle sont sympathiques. Nous dînons le soir avec mon cousin qui repartira, et le dimanche matin, devant une tasse de café, nous parlons de nos vies respectives de femmes seules et des relations avec les hommes. Le midi, mon cousin apporte des ravitaillements et nous cuisinons. Après un bon repas, chacun fait une sieste dans les chambres laissées libres par les enfants. Ils repartent tous le soir. J'ai refusé leur invitation au restaurant prétextant mes concours. Mais en réalité, je fais mon ourse : j'ai envie de solitude et de silence. J'avais été légèrement contrariée que mon cousin ne m'ait pas prévenue qu'ils resteraient manger chez moi le dimanche midi, mais je suis bonne pâte. Et puis je viens d'élargir mes connaissances !

    Le lundi 20/08/12 - Le travail

    Je reprends le travail. Les chefs sont rentrés de vacances, l'activité reprend. Je croule sous le travail dès le premier jour. Mais j'ai la chance de travailler avec des personnes formidables et qui donnent un véritable sens à nos missions. Je m'occupe de dix mille choses à la fois, de recrutement de personnels infirmier, aide-soignant et de médecins, du programme de formation du personnel, de l'agenda de mes chefs, d'un événement rassemblant les médecins de 5 hôpitaux, etc. Je discute avec les patients âgés dans les couloirs. Les chefs sont des personnes compréhensives, ils m'ont connue hyper compétente et hyper forte, et ils m'ont découverte fragilisée par la vie (avec PN), ils m'ont vue pleurer, ils m'ont réconfortée et eoncouragée puis ils m'ont vue m'envoler à Rennes en prépa pendant 6 mois avec enfants et bagages. Aujourd'hui, ils portent un regard bienveillant sur moi. Depuis que je suis arrivée dans cet établissement en 2007, en dépit du stress, de la surcharge de travail et de la paie de misère, je me lève heureuse d'aller travailler. Et je le leur ai toujours dit.

  • Italie

    Le vendredi 10/08/12

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    Le matin, une collègue était venue me chercher à la maison pour m'emmener au travail et le soir, une autre me déposait à un arrêt de bus qui rejoignait directement l'aéroport. Je vais en vacances en Italie. Je suis allée au bureau avec mes valises. Je quitte le travail largement plus tôt et je fais bien car le trajet s'avérera assez long et compliqué, mais cela me permet d'épargner un taxi. De fait, j'aurais pu trouver difficilement ma route, mais j'avais engagé la conversation avec mon voisin dans l'autobus, qui finalement m'emmènera jusqu'au bon terminal. Pour moi cet homme était un ange gardien ;-).

     


    images (21).jpegJe suis assise dans le bus qui a pour terminus le terminal 3 de l'aéroport. Un homme maghrébin blond aux yeux bleus monte, je le regarde et il vient s'assoir à côté de moi. Au bout de 30mn de trajet, je lui demande le chemin. Puis nous discutons, il me demande où je pars en vacances, où je travaille, etc. Il travaille dans l'export, vend des équipements de cuisine à l'export pour le marché algérien, passe la moitié de son temps dans les aéroports, aimerait changer de travail, se fixer et fonder un foyer. Il a 40 ans. Il parle avec une grande douceur. Tout en discutant, nous prenons la navette jusqu'au terminal 2 et il me conduit jusqu'à la navette suivante pour le terminal F. Sans lui, j'aurais été perdue. Je lui ai souhaité plein de belles choses pour la suite.

     

    J'atterris à Florence, en Toscane. J'avais toujours rêvé des paysages de Toscane. Un de mes souhait est d'en réaliser une fresque murale. C'est un heureux "hasard". Rappelez-vous, lorsque j'étais immobilisée à Rennes à cause de mon lumbago, je ne pouvais rien faire d'autre que de poursuivre la lecture de mon roman où l'héroïne s'envolait pour l'Italie pour apprendre les plaisirs de la bouche. Une fois rentrée à paris et repris mon travail, je voyais tout le monde partir en vacances. J'aurais bien passé un week-end quelque part chez un ou une amie, mais ils étaient tous déjà partis. Au travail, ma chef qui a pourtant l'habitude de me solliciter beaucoup et aime bien que je sois toujours présente, insiste pour que je prenne des vacances.

    "Sinon, vous ne tiendrez jamais jusqu'aux oraux !"

    Un week-end chez ma mère, nous parlons avec mon frère de ses vacances, je lui demande quelles sont ses dates et s'il resterait une place pour moi dans la location (je pourrais prendre le canapé). Tout s'enclenche très vite : les dates correspondent aux vacances des enfants avec leur père, les autres personnes sont d'accord pour que je les rejoigne, il y a même une chambre pour moi, je prends les billets d'avion sur Internet.


    tuscany5.jpegJe passe une semaine merveilleuse entre dolce vita et découverte de la Toscane. En fait, je me retrouve dans un villa hyper luxueuse à la périphérie de Florence. En compagnie de mon frère et ma soeur et leurs conjoints et bébé, ainsi qu'un couple d'amis, j'alterne une journée de repos au bord de la piscine avec une journée de visite de Florence, des villes fortifiées et de la campagne et ses majestueux paysages de cyprès, d'oliviers et de vigne.

    "Je suis DANS le paysage dont j'ai toujours rêvé ! C'est incroyable."

    C'est beau. J'en prends plein les yeux. Je ne parviens pas à ouvrir mes livres de droit. Je lis mon roman. Je fais le vide dans ma tête. Je ne pense à rien qu'à l'instant présent. Je n'espère rien du futur. Je ne regrette rien du passé. Mon esprit, si torturé récemment, s'apaise un peu avec toute cette beauté et cette douceur de vivre autour de moi. Les personnes qui sont avec moi sont calmes et gentilles. C'est comme un baume. Nous sommes tous des gourmets-gourmands. Au restaurant, nous nous délectons de chaque plat, de chaque bouchée, de chaque gorgée de vin. Nous goûtons les mets dans les assiettes des uns et des autres. Dans la rue, nous partons à la recherche du meilleur glacier de chaque ville visitée. Dans la villa, nous cuisinons tous ensemble des plats colorés et goûteux, avec des produits raffinés et de qualité.

    Le soir, je lis mon livre "Mange, prie, aime". Comme l'héroïne, je mange en Italie. Hasard ? Clin d'oeil. Dans la deuxième partie du livre, elle prie en Inde. Cette partie apporte précisément les REPONSES aux questions existentielles que je me posais il y a une semaine. Je me mets à pleurer. J'avais aussi apporté quelques Philosophie Magazine sur l'instant présent et les hasards. Réponses encore. Mais c'est complexe, je ne comprends pas tout. Je sens que je suis sur la route d'un changement, mais elle est rude et tortueuse. Dans la troisième partie, l'auteur aime. En Indonésie. Je doute que l'amour soit au bout de mon chemin. J'aimerais bien pourtant. Une rencontre dans l'avion du retour ? Pff !

    Ah oui, en Italie, je me suis aussi fait manger par les moustiques tigrés porteurs de la dengue et du chikungunya. Je suis passée à côté d'une phlébite de ma jambe droite.