01.05.2012
Je tourne en rond
Mardi 1er Mai : Un brin de muguet pour m'apporter un peu de bonheur.
Je tourne en rond car l'échéance du concours approche à grands pas. Et que je dois engranger des connaissances. Apportez-moi un entonnoir, que je me gave comme un oie. Il y a tellement de choses à apprendre que je ne sais pas par où commencer. Je suis noyée. Chim m'a fait imprimer le programme, un truc de fou. Hier, j'ai croisé ma copine doctorante. J'aime bien cette fille atypique, nous avions eu une première approche assez rude, mais on apprend à se connaître. Elle me fait l'effet d'un animal craintif qui griffe. Elle est ici avec son fils de 18 mois, la vie estudiantine est difficile à gérer aussi pour elle mais elle est brillante et courageuse. Donc, Tal, c'est son nom, tombe sur moi dans la salle d'imprimante, on discute un peu et elle me donne quelques fiches qu'elle a préparées. "Lola, le minimum que tu ingéreras sera appris et utilisable le jour du concours."
Je croise ici sur le campus de belles personnes. Leur parler, voir leur gentillesse et leur beauté intérieure me donne parfois des frissons. Il y a aussi d'autres personnes avec un esprit de concurrence, égoïstes, je ne fais pas attention à elles.
La mémoire
Hier, j'ai travaillé. Il faut que je lise et relise encore mes documents. Ce qui m'embête, c'est que je ne sais pas comment je vais retenir toutes ces informations, au demeurant très intéressantes, mais qui deviennent imbuvables dès lors qu'elles sont lues dans le cadre d'un concours.
Cette problématique de la mémoire me déprime. Tous les soirs et tous les matins je me pose cette question, comment retenir ? Alors je repense à mes concours précédents ? Les concours de prépa n'exigeaient aucune connaissances particulières, mais de la culture générale et de la méthode. En revanche, celui de secrétaire médicale exigeait une connaissance du milieu médical et de la terminologie. J'ai dû engranger un maximum de points à l'épreuve de note de synthèse (je me défends assez bien là-dessus), et pour le reste, de fait, j'ai appris et retenu ce qu'il fallait savoir. Même à l'oral, je connaissais toutes les réponses aux questions techniques. Une chance manifeste, qui me fait penser au film "Slumdog millionnaire".
Toutes ces réflexions me font penser que la "Vie" m'avait donné un bon coup de pouce à ces moments-là. J'étais en pleine "période difficile" avec PN (mon futur ex-mari appelé pervers narcissique), alors les concours passaient presque au second plan, bien que leur réussite signifiait une possibilité concrète de partir loin de PN ! Je ne pouvais faire autre chose qu'avoir une foi inébranlable en la Vie, qui n'allait pas me laisser tomber et qui ne pouvait m'apporter que du mieux. Si elle m'avait apporté du pire, alors cela aurait été une profonde dépression voire plus encore. J'étais tellement au fond du trou que je ne pouvais que remonter.
La conversation du samedi avec Rosy a porté sur la foi. Il ne me reste que la foi ! En y regardant de plus près, il y a eu tant de mini-miracles qui me sont arrivés ces derniers temps, ou plutôt des événements qui sont arrivés au bon moment, qui s'emboîtaient bien si bien au final. Par exemple, si j'avais réussi le concours d'attaché, je ne serais partie à Rennes qu'en avril 2012. Trois mois de plus avec PN auraient-ils été tenables, à ce niveau de violence et de haine ?
Je ne sais pas quelle suite me réserve la Vie ? Mais il nous semble, avec Rosy, que nous sommes si petits et accomplissons parfois des choses qui nous dépassent. J'ai ici un camarade, JPhi, qui s'est inscrit deux fois de suite à la prépa de l'ENA et qui deux années de suite a commis des erreurs de procédures qui invalidaient son concours, il est pourtant juriste. Il faut constater que cette voie n'est pas la sienne ?
La conversation avec Rosy a été apaisante dans ce sens que j'ai décidé d'avoir à nouveau la foi et de faire tout mon possible pour ce concours. On verra bien les résultats. D'abord, il faut être admissible. Puis, le cas échéant, passer les oraux d'admission en octobre. Les résultats définitifs seront en décembre, et en cas de réussite, suivra une formation d'un ou deux ans - en fonction du concours réussi - à Rennes encore à compter du 2 janvier 2013 . Pour ma part, je voudrais vraiment revenir à Rennes, car cette ville me plaît beaucoup. Nous y sommes heureux, les enfants et moi. Parfois, Jumeau me signale des panneaux "à vendre ou à louer" d'appartements qui lui plaisent bien. Et moi, je regarde les écoles et universités possibles pour les enfants. Et puis si je n'avais aucun des concours, et bien j'accéderai de toutes façons à la catégorie B et je verrais bien ce que je ferais ensuite, où j'habiterais, etc. Je dois faire chaque chose en son temps et pas à pas. Mais c'est difficile de ne pas stresser car c'est tout mon avenir que je joue en ce moment.
J'essaie aussi de voir ces signes de la vie et d'essayer de les comprendre. J'avais lu le livre de Deepak Choprah sur les coïncidences, il y indiquait l'ouverture maximale et attentive à tout ce qui nous entoure. Il conseille par exemple, de se poser au milieu d'un centre commercial et de s'assoir tranquillement, en conscience. Alors des informations surgissent qui nous guident. Je n'ai pas essayé encore par manque de temps. J'ai essayé juste une fois, j'ai levé les yeux autour de moi et j'ai vu un magasin qui s'appelait "Valentin", puis "sélection" et un autre mot, mais bon, toujours pas d'amoureux sélectif en vue ! Quand je suis allée au cinéma indépendant, j'ai regardé le nom de la rue, j'arrivais à la rue "Bonne Nouvelle". J'attends la bonne nouvelle. Et puis il y a aussi ce fameux livre sur "Le monde et Dieu", que m'a offert la dame d'OVS, en me disant qu'il m'attendait depuis un an ???
La dissertation
Pour en revenir à mon super devoir de culture générale suivi le lendemain de mon oral lamentable, je me suis longtemps demandé quel sens avait tout cela. La vie m'aurait donné à avoir confiance en moi et le contraire le lendemain ? La vie me dit-elle que rien n'est joué d'avance, tel que les choses pourraient le laisser entrevoir ? Que malgré mon manque de connaissances, j'aurais la possibilité d'y arriver ? Je ne sais pas.
Je repense à ce devoir qui semblait si fabuleux pour le prof pour qu'il s'en soit servi de corrigé pour toute la classe. Finalement, je n'ai rien fait d'autre que de parler de mes convictions et de ma vie ! La problématique que j'avais avancée était la suivante :
L'Homme a-t-il encore la capacité de maîtriser les événements ?
I. L'évolution de la société actuelle pousse certains à cultiver une vision idéalisée du passé et des projections pessimistes quant à l'avenir.
II. Toutefois, une modification de point de vue montre que l'Histoire a connu des périodes sombres et que le futur peut réserver des progrès bénéfiques.
III. Enfin, si le choix de vivre au jour le jour représente un déni de la liberté de maîtrise de sa vie, pour autant il peut aussi indiquer la confiance en l'avenir et la capacité conservée d'agir sur le cours des choses.
J'avais rédigé ce devoir avec mes tripes, alors que je ne possédais aucune connaissance philosophique ou sociologique. Je me rappelle que j'étais tellement surprise du résultat de mon devoir, que le prof m'avait demandé : "Lola, c'est votre devoir ? Ce sont bien vos phrases ?" "Oui, c'est bien moi qui ai écrit cela." En fait, je suis partie très loin dans ce devoir et les idées me sont venues comme ça. Comme une fulgurance !
Il se passe des choses dans ma vie que je ne suis pas en mesure de comprendre ou d'interpréter. Parfois, il me plait de penser que la Vie a des projets pour moi.
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