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  • J+53 DIVORCER (1)

    Lundi 20 février 2012    J+53

    La date

    violence psychologique; pn; divorcer

    Cette date du 20 février est une autre date à marquer d'une pierre blanche dans ma vie. La précédente était le Mercredi 28 décembre 2011, le jour où j'ai quitté la maison et où j'ai cessé la vie commune avec PN (mon mari appelé pervers narcissique).

    Cette date, en fait, je l'avais quelque part dans mon esprit parce que mon avocate me l'avait dit l'automne dernier, mais je ne savais pas si c'était un 20 ou 22 février, je savais juste que c'était un lundi. La lettre de convocation au tribunal reçue en octobre, je ne l'ai décachetée que vendredi 17/02/12 !!! Tout comme je n'avais rassemblé les documents pour le divorce qu'après le coup de fil de mon avocate.

    La route pour le tribunal

    La veille au soir, j'avais regardé les différentes propositions de trajet de google maps ou mappy sur internet. Je ne stressais pas trop pour la conduite, j'avais fait beaucoup d'exercices de pensée positive, de visualisation et de Coué. Quelques semaines auparavant, j'était morte de peur à l'idée de me rendre au tribunal en voiture. J'avais pris mes précautions en demandant à Cedes ou Inge de m'accompagner, elles avaient accepté sans problème. Puis j'ai senti que je devais y aller seule. Affronter PN seule. Puis ensuite, pour ne pas avoir à conduire, je me suis même demandée si je n'allais pas m'y rendre dans la voiture de PN puisque nous partirions du même endroit, je pourrais rentrer en RER. Mais vu le comportement de PN, c'était simplement inenvisageable !

    Je me lève à 7h00. Notre audience a lieu à 9h30, mais mon avocate m'avait demandé de venir à 9h00 afin d'avoir le temps de discuter avec elle. Je compte 30 mn pour trouver une place pour me garer et arriver tranquillement. Donc départ de la maison à 8h00.

    Je monte dans la salle de bains, la porte est bloquée. J'entends PN à travers la porte : "Pas de bol !"

    En attendant, je vais voir les enfants à côté dans leur chambre. Je répète les mêmes infos, que "papa et moi on se rendait au tribunal pour divorcer et que je rentrerai ensuite" etc. Puis je prends la salle de bains, c'est PN qui referme la porte sur moi en accompagnant le mouvement de la porte jusqu'au bout. Je vais être vulgaire, il est toujours aussi con. Toujours à refermer les portes sur moi, pour manifester son rejet !

    violence psychologique; pn; divorcer

    Quand je le croise à nouveau dans la cuisine, c'est encore lui qui attaque :

    PN : "Tu te lèves tôt ? T'as peur de rater l'audience ou quoi ?"

    Moi : "..."

    PN : "Je suis bien habillé, là ? Comment tu dis déjà ? Hein ? Comment tu appelles la façon dont je m'habille ? Hein ? Catho ? c'est ça ? Enfant de choeur ?"

    PN porte un pull bleu marine qui laisse entrevoir un col de chemise blanc, et un jean bleu marine, sur des chaussures marrons. L'habit fait le moine. Moi, je porte un T-shirt à manches longues noir, sous un gilet mousseux rose, avec un petit collier fantaisie noir. J'ai aussi un jean bleu marine avec des bottes noires achetées la veille. Maquillage léger, lunettes et cheveux attachés.

    PN : "T'es pas trop nerveuse, là ? Tu vas serrer les fesses au tribunal, ha ha ha !"

    PN parle de façon saccadée et très nerveuse. Je le lui fais savoir.

    Moi : "C'est toi qui es nerveux, puisque tu as besoin d'attaquer !"

    PN : "Ha ha ha ! Toujours ta psychanalyse à deux balles !"

    Je suis un roc en mon fort intérieur. PN ne m'affecte plus. D'autant que je réalise qu'il n'en mène pas large. Son visage est rouge. Il bouge dans tous les sens. De plus, la veille, l'Aînée m'avait confiée que PN avait été à nouveau convoqué au commissariate de police le lundi d'avant. Quand il était venu à Rennes chercher l'Aînée à l'école, il lui avait dit dans la voiture : "A cause de ta mère je dois retourner au commissariat lundi !" Dans la semaine, il s'est souvent plaint de moi aux enfants à propos de l'argent. Je me sens en position de force. Je suis sereine et confiante quoi qu'il arrive.

    Je le laisse pérorer, je prends mon petit déjeuner pendant qu'il cire ses chaussures dans la cuisine. Puis j'enfile mon manteau et je file. je suis la proposition du GPS. Confiance. Il fait froid, je dois gratter le pare-brise. Je rejoins l'autoroute A-N, tout va bien, il n'y a pas grand monde. Je roule bien. Il fait un beau soleil. Belle journée pour divorcer ! Parfois, une voiture grise me double et je crois reconnaître PN. Puis j'ai tendance à regarder les voitures sur ma gauche, mais j'arrête tout de suite ce flip et je me reconcentre sur la route. Je ne décolle pas de la file de droite. J'arriverai juste à temps, Je suis consciencieusement le GPS, demande ma route à l'arrivée, me gare sur une grand-place vide, mets 2 heures de parcmètre et me dirige à pied vers le tribunal de grande instance. Il est immense, les trottoirs sont déserts. Je croise une femme à qui j'adresse la parole, elle y vient pour la 3ème fois car elle et son compagnon se sont pas d'accord sur la garde de l'enfant de 2 ans. A l'entrée, nous passons nos sacs aux rayons-X.

    Au tribunal

    violence psychologique; pn; divorcer

     

    "Divorce autre que par consentement mutuel"

    A l'étage, je trouve la salle avec, affichée sur la porte, la liste des couples pour un "divorce autre que par consentement mutuel". J'y vois mon nom et celui de PN ainsi que ceux de nos avocates respectives. Nous sommes 4 affaires à passer à 9h30 ! Je prends un café à la machine, je veux être en forme. Pas comme la dernière fois lors de la confrontation au commissariat avec PN, où j'étais complèmement déshydratée, je n'avais même pas osé demander un verre d'eau ou un morceau de sucre !

    Puis j'aperçois mon avocate. Les choses sérieuses commencent. Elle prend de mes nouvelles. M'apprend qu'elle a reçu à la dernière minute les derniers documents de la part de l'avocate de PN. J'apprendrai deux jours plus tard en regardant les SMS de PN - Oui, je sais : Pas bien ! - que PN avait RDV avec son avocate le samedi 18/02, c'était IR qui lui demandait des nouvelles de son RDV ! Je raconte à mon avocate mon installation, l'état d'esprit de mes enfants qui s'améliore. L'avocate me donne les dernières info, PN serait disposé à divorcer de façon amiable, il ne rejette pas la garde de la maison par moi, etc. Je ne sais pas ce que cela sous-entend ou veut dire réellement mais j'attends l'audience.

    J'avais vu à la maison les documents que PN avait laissé en évidence, notamment les factures de changement de la toiture, qu'il compte mettre en avant, ainsi que les factures des charges de la maison. J'en informe mon avocate.

    PN arrive au tribunal. Il est seul. Il vers vers nous et salue mon avocate, il me fait un signe de tête. Puis il s'éloigne. PN apparaît fermé et pas tranquille. Je poursuis ma conversation avec ma défenseure. Je lui parle, je lui souris. Cela déstabilisera en plus PN. Elle m'indique le déroulé de l'audience, nous parlons de ce que je dois dire et de ce qu'elle va dire. J'ai l'impression que nous formons une équipe. Confiance totale. Moi qui hésitais au début, je suis contente de l'avoir choisie suite à la rencontre à l'association pour les femmes, car elle a l'habitude de plaider des affaires semblables.

    violence psychologique; pn; divorcer

    Enfin, l'avocate de PN arrive. c'est une femme toute petite, blonde, des cheveux courts, un peu nerveuse. Salutations. Nos avocates s'échangent les documents, je vois dans le dossier de celle de PN tous les papiers que j'avais adressés à la mienne. Puis les deux parties s'éloignent.

     A suivre

     

       

  • Un dimanche en famille

    Le dimanche 19/02/12

     

    J'ai dormi dans ma chambre au fond du garage. Elle m'a semblé étrangère, avec son odeur particulière, comme si j'arrivais dans une chambre d'hôtel. Le clic-clac a toujours un aussi bon maintien, je n'ai pas mal au dos, j'y dors mieux que dans mon lit au campus.

     

    Tout est en place

    Il semble que rien n'a bougé dans la chambre. Je rejoins le reste de la maison. PN (mon mari appelé pervers narcissique) n'est pas là, il doit être à son jogging. Je balaie du regard le garage, puis la cuisine, le bureau et enfin le salon. Il ne manque rien. Je dirais même que le désordre habituel y règne. Avant mon départ pour Rennes, je n'ai plus pris la peine de faire le ménage, je n'en avais de toutes façons pas le temps. Le linge plié des enfants qui était resté sur un tabouret dans le salon n'as pas bougé. A l'étage, Jumeau avait cassé en décembre dernier l'ampoule de sa chambre et avait balayé en repoussant les déchets dans un coin du couloir, et bien le tas de saletés avec les brisures d'ampoule est toujours là deux mois après ! J'ai seulement remarqué que PN avait lessivé le sol de la cuisine avant mon arrivée.

     

    Madame M. la voisine

    Je prends mon petit déjeuner puis sors faire laver ma voiture et y mettre de l'essence. En partant, la voiture d'une de mes voisines s'arrête à mon niveau. Madame M., une soixantaine d'années, descend sa vitre et demande de mes nouvelles. Elle était passée à la maison la veille de mon départ en décembre, alors que j'étais en pleins cartons. Elle avait pris en pleine figure la nouvelle de mon départ et de notre divorce. Donc, je lui ai raconté notre installation en province, l'école des enfants, mes cours etc. Soudain, PN surgit derrière la voiture en tenue de jogging, tout essouflé. Je crois qu'il a lancé un bonjour, puis il est passé par le portail devant l'entrée pour enlever ses chaussures pleines de boue. Ma voisine et moi entendons un cri, quelquechose comme "La vache !"

    Madame M. me regarde étonnée puis me dit que lorsque PN la croise, il lui fait la tête. Moi, j'ai retrouvé là la façon d'agir propre à PN. Il ne va pas oser, devant la voisine, proférer une insulte, mais il va employer des mots qui y ressemblent. C'est comme quand il crie devant la télé : "Quelle salope !", puis, il me disait : "Je ne parlais pas de toi, mais de la journaliste." Là, la voisine et moi n'avons rien dit, mais PN aurait pu se justifier ensuite : "Je disais 'La vache' parce que j'ai bien couru et que c'était dur !". Ce n'est pas la première fois qu'il faisait ça, cela aurait pu être, "Putain" ou "Oh la saleté !" (de ses chaussures). Ce sont des insultes déguisées mais assez distinctes pour être comprise par la victime du PN.


    Les courses

    Je me rends à Intermarché pour laver ma voiture, et compléter l'essence, puis je vais acheter 3 ampoules, puisque la plupart sont cassées dans la maison et que depuis mon départ PN n'a pas pris la peine de les remplacer. Pour l'anecdote, PN travaille dans l'éclairage, il vend des lampes ! Il ne sait pas changer une ampoule !

    ampoules.jpg

    A mon retour, PN est dans le salon et crie d'une voix puissante : "Lola Nom-de-Jeune-Fille !". Je vais vers lui, il me dit :

    PN : "J'espère que t'as pas payé les courses avec mon argent ! Hein ? Parce ça suffit maintenant ! Tu n'y touches plus ! C'est compris !"

    Je lui réponds que je n'ai pas fait de courses. En fait, j'ai payé l'essence et les ampoules avec l'argent commun.

     

    Le repas du dimanche midi

    L'après-midi, il est prévu que les enfants et moi rendions visite à ma grand-mère à l'hôpital. Le midi, je pensais manger chez ma mère avec mon frère, puis la conduire à l'hôpital; mais le programme a changé, personne ne mange chez elle, du coup je ne sais pas où manger. Pas chez moi. Pas chez ma soeur, chez qui j'avais déjà débarqué la veille et chez qui toute la famille s'est donnée RDV à 14h avant de se rendre à l'hôpital.

    Il me reste une solution. Quand j'étais sur le parking d'Intermarché, j'avais encoyé un SMS à ma copine Inge qui habite à 200m de là. C'est un SMS en éclaireur pour savoir si elle était disponible ces jours-ci. Elle venait de se lever, je lui explique la situation. Elle me dit de venir manger chez elle. Son frigo est vide, je passerais à la maison prendre des pâtes, du thon et un pot de sauce. Elle met déjà de l'eau à chauffer. Il est 12h30.

    Je rentre à toutes vitesses à la maison et après mon échange sur les courses avec PN, j'attrape de quoi manger, ainsi que les enfants et nous partons vite chez ma copine. Inge avait mis la table pour 5, son fils est en vacances chez ses grand-parents pour la semaine. Elle a même eu le temps de préparer une salade de fruits frais. Pendant que nous mangeons, le journal de TFI diffuse un reportage en direct de la ville de Rennes et parle du marché des Lices ! Nous éclatons de rire !

    Inge fait partie des anges envoyés sur ma route. Il y en a d'autres.

    ange.jpg

    Vers 14h30, nous la quittons pour nous rendre chez ma soeur.

    J'y retrouve mon frère, mon autre soeur et mes 2 beaux-frères qui m'avaient accompagnée en voiture à Rennes. Retrouvailles émouvantes. Je donne quelques cadeaux. Il y a aussi mon oncle et ma tante de province. Puis nous partons voir la grand-mère, qui avait attrapé la grippe dans sa maison de retraite. Ensuite nous retournons passer laprès-midi chez ma soeur. Nous rentrons vers 19h30, PN avait déjà mangé les restes d'hier. Je cuisine et dîne avec les enfants, puis je file dans ma chambre. Un peu plus tard, une collègue/copine, Nad, m'appelle jusqu'à 23h45, j'abrège vite la conversation pour être en forme demain. Le lendemain, lundi 20/02/12, je dois être au tribunal pour le divorce. 8-)