Les nourritures spirituelles
Lundi 14/01/13
En 1993, Boris Cyrulnik donnait à un de ses livres le titre suivant : "Les Nourritures Affectives". Je ne sais même pas de quoi il traitait, mais j'aime beaucoup l'auteur. Le livre est dans ma bibliothèque, je l'avais emprunté à la mère de PN, fan de Cyrulnik, Naouri, Dolto et autres médecins ou sociologues. Je ne l'ai jamais rendu depuis son décès. Je viens de faire une recherche, le livre traite de l'affectivité et des troubles affectifs, en partant d'une observation comparative avec les comportements des animaux.
A Noël, j'avais fait des petits cadeaux à chacun des membres de la famille de ma soeur, elle m'a demandé ce que j'aimerais avoir comme cadeau. Immédiatement j'ai répondu : "Petit Traité de Vie Intérieure" de Frédéric Lenoir.
Les nourritures spirituelles
Quand j'ai ouvert le livre et que j'ai parcouru quelques pages, j'ai ressenti un bonheur immense. Les mots que j'égrénais étaient précisément ceux que je recherchais depuis des années dans ma quête de spiritualité. J'avais bien aimé les enseignements audio d'Eckart Tollé, mais cela était trop spécialisé. Ici, Lenoir traite de la Vie en général de manière abordable, et selon les points de vue des différents courants philosophiques ou religieux.
En quatrième de courverture, Lenoir a répondu de façon satisfaisante et en une poignée de mots à une question essentielle que je me pose depuis un certain temps :
Vivre, à quoi ça sert ?
J'ai lu le livre de Soeur Emmanuelle, dont le titre était précisément ma question : "Vivre, à quoi ça sert ?", puis du Dalaï Lama : "Le Sens de la vie". Cependant, je n'y trouvais pas ma réponse. Puis, voici l'hypothèse de Lenoir :
" Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c'est de passer de l'ignorance à la connaissance,de la peur à l'amour."
Comment de pas être d'accord avec cette définition ? Les épreuves que j'ai traversées ces deux dernières années surtout m'ont convaincue que la vie était bel et bien le chemin. Et non le but. Et que ce chemin avait un sens malgré tout. Je ne mesure pas forcément si je passe vraiment de l'ignorance à la connaissance. A la connaissance de moi-même, c'est indiscutable. Quand au passage de la peur à l'amour, je crois à cette transformation. Encore une fois, cela résulte d'un chemin empirique, en effet, je ne fais que constater que petit à petit, une à une, les peurs que je pouvais couver s'envolent, parfois avec une aide extérieure (ma première psy), ou à travers mes lectures, ou encore d'elles-même.
Le livre de Lenoir me nourrit spirituellement à chaque page. Les mots, les idées, les références - de Marc Aurèle ou les Stoïciens à Durkheim, en passant par Bouddha ou encore Montaigne - me ravissent. Je bois chaque gorgée de savoir.
La vie intérieure
Quid de la vie intérieure ? Pour moi, elle est plus importante que la vie extérieure. Je suis arrivée à un âge et surtout à un moment de ma vie où je n'ai rien à prouver à personne. Je me fiche de ce que l'on peut penser de moi, d'avoir un réseau social ou pas. Je ne cherche pas à plaire à l'autre, à me faire aimer de lui ou elle, pour la simple raison que je m'aime suffisamment. Je suis, c'est tout. Pourtant, malgré ce changement d'attitude, je continue d'avoir des amis et des nouvelles connaissances qui semblent bien m'apprécier.

Je m'occupe de ma vie intérieure, même en période de concours, même en période de formation où je dois continuer de fournir un travail régulier. Je prends le temps de lire, je prie souvent le soir et le matin. J'accorde de l'importance à mes émotions, à mes ressentis. Dans l'acceptation de ce qui survient. Même les épreuves. Je lâche prise. Je travaille le non-attachement, la bienveillance. Je me pardonne de mes faiblesses. J'essaie de vivre le moment présent. Je ne cherche rien d'autre.
Pour l'instant, cela me convient. Je suis contente de ma vie actuelle. Je suis heureuse. Je crois.
Cela fait maintenant un an que je vis loin de PN avec les enfants. Je suis passée par des phases dépressives, j'ai mis du temps à me sentir bien. Comme pour les drogués en cure de désintoxication, j'ai eu besoin de temps pour guérir de PN. Je ne dis pas que j'étais dans une relation
Ensuite, la phase dépressive à laquelle je ne m'attendais pas est arrivée, elle a été très difficile mais je pense aujourd'hui qu'elle était inévitable. Car la désintoxication est forcément douloureuse. Le corps des drogués réclame le poison. Moi, mon mental avait été durant de si longues années abîmé, brimé et fracassé, que expérimentant un état normal de neutralité ou de bienveillance, il a eu du mal à le supporter. Il a fallu que je redécouvre la PAIX, la TRANQUILLITE, la SERENITE et ces états m'étaient inconnus. 
En tous les cas, aujourd'hui ça va nettement mieux. Je ne sais pas comment cela s'est passé, il n'y a pas eu de déclic. Cela s'est fait tout seul. Cela a fait son bonhomme de chemin. Cela date de cette note intitulée "Petits Bonheurs". Bien sûr ma vie professionnelle et personnelle est toujours aussi en mouvements et jalonnée d'épreuves, avec les enfants en charge, le déménagement, le changement professionnel. Mais j'ai appris, en comparaison avec les horreurs que j'ai vécues, à vivre chaque chose en son temps, à prendre les événements pour ce qu'ils sont, ni plus ni moins. A vivre l'instant présent. A accepter les chose et non pas me "braquer". Il y a un terme vietnamien qui signifie "tendre sa colonne vertébrale". Non, je ne suis plus en tension mais en relâchement. Le chêne se casse mais le roseau ploie. Accepter. Suivre le vent. Accepter. Ne plus chercher à comprendre. Accepter.