Inquiétude et Solitude...
sont encore venus me rendre visite. Ces deux compères ne me lâchent pas.
Samedi 22/09/12
La fatigue et les soucis
Demain je dois me rendre à Rennes pour une semaine de préapration intensive aux oraux. C'est le 2è effet kiss-cool d'avoir été admissible aux concours. La plupart de mes amis et moi-même stressons beaucoup pour cela. De plus, je dois organiser la garde des enfants, PN refusant de les prendre chez lui. Il dit être en déplacement. J'ai passé le jeudi à mettre en place avec ma soeur, ma mère et un cousin célibataire toute l'organisation. Cela signifiait des coups de fils dans tous les sens. Sans compter la gestion admisnistrative de la rentrée et du reste. Jumeau m'avait contrariée en me reprochant d'avoir pu oublier de commander son livre d'anglais alors que je me démène dans tous les sens pour eux. L'Aînée est toujours aussi insolente. A mon travail, l'activité est débordante et les dysfonctionnements nombreux, ce qui signifie de la tension et une charge de travail extrêmement lourde. Le jeudi soir, je suis restée une demie-heure de plus en attendant que ma tête arrête de tourner. J'avais chaud, j'avais le tournis dès que je me levais. J'ai grignoté des bonbons pour absorber du glucose. Bref, j'étais nerveusement et physiquement épuisée. Ma collègue avait remarqué que ma main tremblait au repos.
La peinture
A la maison, en passant devant un de mes tableaux inachevés, je pensai que cela faisait plus de 2 ans que je n'avais pas touché à un pinceau et que cela me manquait. Ma main a automatiquement esquissé les gestes techniques de faire fondre les couleurs de peinture à l'huile. Deux ans de sacrifices. J'ai la chance d'avoir du talent en peinture (mon travail est apprécié, j'ai exposé et vendu). Et pour moi cela représente une grâce divine de pouvoir créer des choses belles et je m'interdis de gaspiller ce talent. Je dois peindre. Mais comment avoir du temps ?
La maison - La lampe
En étant admissible à 2 concours, mes chances de repartir à Rennes pour un an ou deux augmentent. Cela signifie que je vais laisser la maison et je ne sais ce qu'il adviendra d'elle si jamais PN demandait au juge à la réintégrer. Je craignais qu'il ne la vide. Il y a quelques jours, je suis montée dans le grenier pour y chercher du linge de maison. J'ai remarqué que PN avait jeté une lampe. C'était un lampadaire rouge sur pied des années 70 avec 3 têtes, très vintage. Cette lampe servait à éclairer une pièce du grenier sans fenêtre. Durant ses nombreuses crises de folie ces dernières années, PN avait - je ne sais pour quelle raison - fait une fixation sur cette lampe. Les veilles de débarras des objets encombrants, je la retrouvais sur le trottoir à 100 mètres de la maison. Inlassablement, j'allais la récupérer et la remettre en place. Désormais cette pièce n'est plus éclairée.
J'ai été très très irritée qu'il ait réussi par la jeter en mon absence. Ce n'est pas tant l'objet, car je peux m'en repayer une autre. Mais c'est qu'il est parvenu à ses fins. Tout comme il a fini par jeter le chevalet construit par mon père. Et d'autres choses aussi. PN a enlevé deux lampes en quittant la maison. C'est comme s'il avait voulu m'enlever la LUMIERE. J'étais tellement en colère que je me disais qu'il fallait qu'il soit puni un jour de toutes ces malfaisances ! Je ne devrais pas penser cela, mais c'était plus fort que moi.
La solitude
J'avais fréquenté un garçon durant ma période rennaise, il me contacte toujours. Seulement, la relation qu'il m'offre n'est pas ce que je souhaite. Avoir un "sex-friend" était très pratique car je n'avais pas à m'encombrer de choses lourdes et importantes à un moment où j'étais possiblement fragilisée. Aujourd'hui j'en reviens, car je ressens le besoin d'une épaule sincère.
Le dentiste
Hier, vendredi, j'avais RDV chez le dentiste. Comme je n'ai aucune envie de parler à PN, je n'ai pas encore vu avec lui nos histoires de sécu et de mutuelle, ce qui signifie que toutes les dépenses de santé engagées depuis notre séparation sont réglées par moi, mais lui sont remboursées sur son compte bancaire (sa nouvelle boîte prenait en charge la mutuelle du conjoint, cela fait donc un an).
Dans le cabinet, j'étais allongée sur le fauteuil avec la tête relevée en arrière. J'étais dans mes pensées car le dentiste mettait du temps à revoir mon dossier. Après le tourbillon que représente ma vie actuelle et l'intensité des derniers temps, être allongée là à fixer une lampe au plafond m'a reposée. Le temps s'est arrêté et j'ai pu regarder ma vie dans un moment de calme. Oublié, le dentiste devant son ordinateur. Oubliée, l'assistante qui préparait un amalgame. Je me suis dit que j'étais fatiguée. Fatiguée de ramer sans cesse. De trimer. De sauter les obstacles. D'aller d'épreuves en épreuves. Depuis des années. Allongée sur ce fauteuil jaune et seule au monde, je me disais que ma vie me lassait. J'avais envie que cela s'arrête. Mais je m'accroche. J'essaie. Un de mes rêves les plus fous actuellement est d'être un dimanche juste dans les bras d'un homme. Juste une étreinte.
Des larmes ont coulé dans ce fauteuil jaune. Le dentiste a soigné ma dent, sans s'apercevoir de rien certainement. Je voyais son front ridé. Cela fait des années que je suis sa patiente, il doit avoir mon âge. Je me disais que lui aussi devait avoir ses propres soucis. Et je trouvai étrange que les gens puissent se côtoyer dans la vie en portant chacun ses lourds bagages, mais en faisant comme si de rien n'était. C'est triste.
Le rhume - les films
Le vendredi soir, je suis rentrée à la maison sur les rotules. Avec le nez qui coule et une très grosse fatigue. J'ai grignoté du pain avec du jambon cru avec Jumelle et je suis montée comater dans mon lit. Puis ,j'ai juste entendu les enfants me dire au revoir et claquer la porte car c'est le week-end où ils vont chez PN leur père, dans le bâtiment d'en face.
Après avoir dormi une heure, je me suis réveillée. Pas le cerveau à travailler mon droit. Tant qu'à faire, je me fais plaisir en regardant des films en streaming. J'ai vu "Louise Wimmer", l'histoire d'une femme seule divorcée, qui vit dans sa voiture, fait le ménage à mi-temps dans un hôtel et vit d'expédients. Sa prise en charge par l'aide sociale tarde à lui fournir un logement. J'ai beaucoup pleuré, je me projetais dans cette femme très seule. Bien sûr ma situation n'a rien à voir avec la sienne.
J'ai enchaîné avec "Plan de table", une histoire où la vie de plusieurs couples est montrée sous des tournures différentes, s'ils avaient été placés différemment à la table de mariage. Cela rejoignait l'idée que je me faisais de la vie et du destin.
Dans la foulée, j'ai visionné 'Last Night". Ce film a fini par m'achever. C'est l'histoire d'un couple qui vient de vivre un soupçon de trahison. Lui finira par coucher avec sa collègue lors d'un déplacement professionnel. (Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé ne saurait être que fortuite !) Elle retrouve par hasard le jour-même son grand amour qu'elle avait toujours caché à son mari et passera la nuit dans ses bras, sans rien concrétiser et se quittant au petit matin.
Cette histoire m'a bouleversée et j'ai regardé avec beaucoup de sensations désagréables les moments où le mari hésite avant de s'abandonner dans les bras de sa collègue à l'hôtel. C'était l'histoire de PN avec sa secrétaire allemande. Je me suis rappelée l'atroce comportement de PN qui me racontait le soir après le travail comment il avait été excité quand sa collègue lui apportait un document à son bureau et lui parlait tout près en frôlant sa cuisse ou lorsque ce celle-ci passait entre lui et son collgègue à la machine à café en le touchant de ses seins. Il me racontait tout cela, à moi sa femme après 18 ans de vie commune. J'imagine le plaisir qu'il devait ressentir à me voir souffrir. Par la suite, il m'appelait aussi pour me montrer un clip vidéo où la chanteuse ressemblait à sa maîtresse. PN était immonde et j'aurais du mal à oublier ses agissements pervers et cruels.
Les sanglots
Quand j'ai éteint dans la nuit bien entamée, je me suis mise à pleurer. Seule dans ma maison, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Bruyamment. Je ne pouvais plus m'arrêter. Comment prendre en main sa vie lorsqu'il y a tant à construire et tant à nettoyer derrière soi ? Tandis que pour d'autres la vie est si douce. Malgré l'injustice que je ressentais, j'ai accepté mon sort. Mais cette fois, je m'en suis rendue à Dieu. Je lui ai dit de faire de moi ce qu'il voulait. Je l'ai remercié pour les réussites récentes. Et je lui ai dit que je prendrai le chemin qu'il me trace. Parce que je n'ai pas d'autre choix.
Accepter ce qui est.


Ce matin, je croise un visiteur médical que je connais depuis quelques années et qui est surpris et content de me revoir. Il avait déjà demandé de mes nouvelles quand j'étais en prépa. Nous avons bien discuté. De la vie professionnelle plus précaire de nos jours, du courage de repartir à zéro, de la peur que peuvent inspirer le changement et l'inconnu, d'un travail rêvé et épanouissant. Il a été maçon, préparateur en pharmacie et maintenant commercial dans l'industrie pharmaceutique et rêve de partir avec sa femme en Provence pour cultiver des oliviers et des citrons et vendre leur production et produits transformés ou bien s'installer en Floride pour promouvoir le bien-manger à la française. C'est un garçon tout doux, qui fait très jeune et a déjà 3 enfants. Je l'encourage à réaliser ses rêves en étant attentif aux personnes créatives et optimistes qu'il va rencontrer sur sa route. C'était un échange riche et sincère.
Aujourd'hui, j'étais au travail lorsque vers 16h, un SMS de ma copine MC me propose de la retrouver à la piscine avec ses enfants. Hélas, j'étais au travail. J'organiserai une sortie une autre fois. Nous avions passé de longues heures dans le jacuzzi à parler de nos vies et de nos enfances, de nos difficultés surmontées. MC est une hypersensible avec qui j'aime bien parler.
Puis plus tard encore, à 21h je commande des pizzas que je vais chercher. En effet, j'avais comaté en rentrant du travail et m'étais endormie sur mon canapé. Les enfants avaient faim et je n'avais rien cuisiné.
Le vendredi 24/08/12, une pensée me vient. A deux reprises, je me suis fracassée le dos. J'espère qu'il n'y aura pas une 3è fois. C'est comme si le Vie m'ordonnait de plier. Comme si, étant donné que je ne crois plus, que je doute sans cesse, elle me brisait la colonne vertébrale pour me faire comprendre que je dois m'applatir. C'est une image un peu violente, c'est vrai, toutefois j'ai réellement l'impression que l'on m'a rouée de coups durant ma chute dans l'escalier. La Vie veut que je lui obéisse et que je la laisse faire.
Ce matin à 8h, je me prépare pour aller travailler. Je descends l'escalier en tongs, glisse et dévale plus de la moitié de l'escalier sur le dos. J'ai mon ordinateur portable dans la main droite. Je le tiens en l'air et me vois prendre les arêtes de chaque marche dans le dos. Ca fait très mal. Très très mal. Soudain, je sens une tranche d'une marche s'enfoncer brutalement et profondément dans mon cou, entre le haut du cou et le bas du crâne. La violence du coup me coupe le souffle. Je vois du gris. Je me vois déjà en fauteuil roulant.
Je suis assise dans le bus qui a pour terminus le terminal 3 de l'aéroport. Un homme maghrébin blond aux yeux bleus monte, je le regarde et il vient s'assoir à côté de moi. Au bout de 30mn de trajet, je lui demande le chemin. Puis nous discutons, il me demande où je pars en vacances, où je travaille, etc. Il travaille dans l'export, vend des équipements de cuisine à l'export pour le marché algérien, passe la moitié de son temps dans les aéroports, aimerait changer de travail, se fixer et fonder un foyer. Il a 40 ans. Il parle avec une grande douceur. Tout en discutant, nous prenons la navette jusqu'au terminal 2 et il me conduit jusqu'à la navette suivante pour le terminal F. Sans lui, j'aurais été perdue. Je lui ai souhaité plein de belles choses pour la suite.
Je passe une semaine merveilleuse entre dolce vita et découverte de la Toscane. En fait, je me retrouve dans un villa hyper luxueuse à la périphérie de Florence. En compagnie de mon frère et ma soeur et leurs conjoints et bébé, ainsi qu'un couple d'amis, j'alterne une journée de repos au bord de la piscine avec une journée de visite de Florence, des villes fortifiées et de la campagne et ses majestueux paysages de cyprès, d'oliviers et de vigne.
En rentrant à Paris, j'avais l'esprit occupé par la remise en état de la maison, la reprise du travail, l'achat d'un frigo, etc. Depuis peu, je me suis remise aux révisions. Je ne sais pas si c'est la cause de mon anxiété mais depuis plus d'une semaine je suis angoissée du matin jusqu'au soir. Je me lève nouée, je vais travailler nouée, seule dans ma voiture j'ai un visage d'une telle gravité, de pierre, je suis nouée toute la journée même si je donne le change avec mes collègues, j'attends la quille, j'arrive à la maison un peu moins nouée grâce aux Jumeaux qui sont si gentils (l'Aînée est partie une semaine à Marseille), le soir je m'endors avec mes cours pour les éventuels oraux d'admission. Les journées se répètent comme ça. Je ne trouve pas de sens à ma vie. D'habitude, mes enfants me tiennent, mais même eux ne suffisent pas à me garder debout. Parfois je comprends ceux qui décident un jour de quitter ce monde alors qu'ils ont une famille. C'est bien plus lourd que ça.
J'ai l'impression de vivre les questions de philo qu'on se pose en cours de prépa. Les mots "incertitude" et "sens" reviennent sans cesse. Si je prends du recul et que je regarde ma vie, je ne vois rien qui ait du sens. J'en avais trouvé récemment : la rencontre avec Dieu. Et alors ? Ça me fait une belle jambe ! M'emmerder autant dans ma vie pour rencontrer Dieu ? Et qu'il me dise qu'il est là, qu'il me regarde et qu'il veille sur moi ? Et alors ? Qu'est-ce que ça peut me faire ? Ça m'apporte quoi ?

Une fois les diverses recommandations faites et que l'Aînée est assise à sa place dans le TGV, je reste sur le quai de la gare. J'aperçois soudain un belle femme avancer sur le quai, un homme d'une cinquantaine d'année l'accompagne, un casque de scooter à la main. Elle est en robe noire cintrée et bien coupée qui lui descend à mi-mollet et tient dans sa main une pochette mauve, pas un sac à main, mais une pochette de soirée très élégante. Elle avance juchée sur des escarpins immenses à plate-forme couleur parme. Elle n'est pas commune. Elle a le physique et l'élégance de Fanny Ardant, avec un beau visage anguleux, de grands yeux noirs, une grande bouche sur un menton affirmé et une coiffure avec de belles boucles brunes. Elle n'a pas de bijoux, juste un maquillage léger. Elle est tellement belle que je m'écarte presque pour la laisser passer. Elle détonne parmi toute la foule de la gare. Je cherche où se cache Fellini ou Truffaut.
Alors je regarde l'homme. Quel genre d'homme fréquente une femme aussi extra-ordinaire ? Il est en costume élégant, de belle taille et corpulence, les cheveux grisonnants et barbu. Il ressemble à Antoine de Caunes. Il semble être (re)connu dans sa communauté puisqu'au moins deux personnes le saluent sur le quai. Assurément ils ne sont pas mariés, mais ce n'est pas une relation récente non plus. Il est attentionné sans trop en faire, une fois qu'elle est montée dans le train, il reste sur le quai, lui fait quelques signes. Jusqu'à ce que le train parte.
En rentrant de la gare de Lyon, je m'arrête prendre des viennoiseries pour les jumeaux que je crois encore endormis, mais ils m'accueillent avec des grands sourires, ils avaient déjà pris leur petit-déjeûner. L'après-midi, comme il fait beau, j'entretiens mon jardin, je tonds la pelouse et taille les haies, pendant que les Jumeaux jouent autour de moi. Je fais attention à ne pas trop solliciter mon dos et ne pas faire d'élongations avec les bras et ma colonne vertébrale.